L'hymen, mon corps, mes choix.


Une source d'angoisse et de combat

Petite fille "en fleur", que saviez vous de votre hymen ? Femme adulte épanouie ou non dans une vie sexuelle, quel regard jetteriez vous sur cet membrane, cette étrange membrane que souvent on nous a décrit ainsi : "Tu as un voile à l'entrée du vagin, lorsqu'un garçon la percera tu perdras du sang, tu ne seras plus vierge."

Il est ainsi communément admis en France que nous "offrons" quelque chose à l'homme voir même qu'il viendra "prendre" ce qui lui est du. Avant vous étiez pure, maintenant vous êtes "une femme" aussi certainement que du sang s'écoule peut être déjà de vous.

Cette notion de virginité sacralisée est synonyme de rite de passage dans de nombreuses cultures et depuis la nuit des temps. Aujourd'hui encore, l'hymen, la virginité, à défaut d'appartenir uniquement à ses détentrice, est une source omniprésente d'angoisse, de répudiation voir même de mort dans plusieurs pays du monde. Du draps tâché de sang que l'on affiche en public pour prouver que la jeune épouse était bien vierge à la reconstruction de l'hymen, appelé hymenoplastie, pour n'avoir "aucun problème" le jour des noces, la virginité des femmes ne cesse de leur poser question voir troubles. Et pourtant, rien ne devrait leur être plus personnel, rien ne devrait plus leur appartenir que le droit dont elles disposent sur leur propre corps.

Mais l'hymen, qu'est ce que c'est ?

Contrairement à ce que l'on raconte l'hymen n'est pas un voile tel un film étirable à l'entrée du vagin, percé par la triomphale verge. C'est une membrane propre à chaque femme, généralement percée soit d'un trou, soit de plusieurs qui recule vers le fond du vagin au fur et à mesure de l'âge de la jeune femme. Il arrive également que cette membrane ne soit pas percée dans de rare cas ou la chirurgie sera envisagée ne serait que pour permettre aux femmes l'écoulement de leurs règles. Lors du premier rapport sexuel, la membrane s'étire avec le reste du vagin. Comme elle était plus étroite que le trou du vagin d'une femme ayant déjà une activité sexuelle, il arrive qu'elle soit douloureuse au passage lors de l'écartement, voir qu'elle saigne en se déchirant sur les côtés, au même titre que de saignements peuvent apparaître lors de tout rapport sexuel sur les parois des muqueuses si elles ne sont pas suffisamment lubrifiée.

Ainsi le saignement n'est absolument pas le gage de la virginité. On estime entre 40 et 55% des femmes ayant saigné à leur premier rapport sexuel avec pénétration consenti. L'hymen peut être écarté (et non "percé") avant le premier rapport avec pénétration dans de multiples situation comme la masturbation ou la pratique sportive.



(J'ajoute à cette image n'être pas en accord avec le terme de "défloration")


Mon hymen, mon choix, mon corps

L'idée que la verge de l'homme serait la voie ouvrant vers la vie sexuelle des femmes est non seulement fausse (de nombreuses femmes ayant une vie sexuelle active n'ont jamais couché avec un homme) mais également extrêmement avilissante pour les jeunes femmes. La virginité en soit ne constitue ni un prix ni une option. Elle est purement mécanique, usuelle et c'est à la femme uniquement de lui donner une valeur rituelle si elle le souhaite. Les petites filles devraient savoir qu'elles ne "donnent" leur virginité à personne, que leur hymen est, s'écartera si elles le souhaitent, ne saignera pas forcément, est un organe constituant de leur vulve qui n'a pas de fonction biologique. Il est un héritage embryonnaire (certaines études ont porté sur le fait qu'il servirait de barrière de protection au vagin encore immature au niveau de la flore mais elles ne sont pas concluantes) et s'écartera d'une manière ou d'une autre lorsque le vagin sera étiré.


Souvent, l'écartement de l'hymen lors du premier rapport est indolore. Largement écarté par les protections hygiéniques, des pratiques sportives ou masturbatoire, il n'en reste qu'une petite partie lors du premier rapport. La douleur est plutôt liée à la crispation et la conjoncture des muscles du périnée, l'absence de lubrification vaginale entraînée par le peu de désir lié souvent au stress, la brutalité du partenaire ou sa précipitation, son inexpérience. Le vagin par ailleurs chez une femme adulte mesure entre 7 et 10 cm et peut s'étirer au point d'accueillir les pénis les plus imposants.


Je vous encourage par ailleurs à vous opposer à une inspection gynécologique au spéculum de votre enfant ou adolescente n'ayant pas encore de rapport sexuel, outre le fait d'être en zone grise de consentement, cette pratique pourra entraîner de fortes douleurs pour les mêmes raisons que citée ci dessus et de plus s'avère généralement inutile.


Il est impossible pour un médecin de vérifier avec certitude la virginité d'une femme, tout "certificat de virginité" étant généralement aléatoire et à de grandes chances d'être faux mais de nombreuses femmes continuent à devoir l'utiliser pour bénéficier d'une forme de sérénité au moment de leurs noces, sérénité qui devrait naturellement aller de soi, virginité ou non.


Pour conclure, l'hymen cette petite membrane "inutile" est source de bien des fantasmes qui constituent encore aujourd'hui dans de très nombreuses culture une monnaie d'échange intolérable. Comme la forme de votre vulve, elle est changeante, absente ou présente, elle appartient au corps qui la porte et il est important de diffuser des informations correctes à son propos que ce soit aux jeunes filles comme aux garçons afin de la démystifier et lui redonner sa juste place, à savoir la propriété exclusive des femmes.


Sources :

http://martinwinckler.com

Ouvrage "Les joies d'en bas" de Nina Brochmann, Ellen Stokken Dahl


320 vues

© 2020 Tous droits réservés à Hélène Rock

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now