Jeune mère, j'aurais vraiment eu besoin de...

Aujourd'hui je vous propose un nouvel article appuyé sur des témoignages. A la question "de quoi auriez vous eu besoin durant votre grossesse ou votre maternité", les femmes - lorsque j'aurai des témoignages d'hommes je ne manquerai pas de le signaler- ont majoritairement répondu "de soutien".

J'entends souvent autour de moi des femmes dire qu'elles regrettent les temps ou il existait toujours une voisine, une grand mère, une tante ou une sœur disponible pour parler de féminité, de grossesse, d'accouchement ou d'éducation des enfants. Récits racontés par les anciennes entendus par les femmes âgées dans leur enfance ou fantasme imaginé par les femmes actives du XXIe siècle, il n'est pas forcément évident que la sororité exista plus profondément au début du siècle dernier qu'aujourd'hui. La parole en occident est muselée depuis longtemps au sein des maisons ou des villages et le communautarisme ne semblait déjà s'exprimer qu'en situation de difficulté maternelle à l'époque de nos grands mères ou arrières grands mères. Si le soutien maternel est évident depuis toujours dans certaines sociétés et ne cesse de se transmettre de mères en filles, la femme occidentale le découvre souvent pour la première fois qu'au contact d'une doula, d'une sage-femme impliquée, d'un cercle de parole. S. nous dit à ce propos "J'aurais eu besoin de plus de douceur dans ce monde de bruts. D'empathie et de bienveillance. Je ne l'ai pas obtenue."


Les besoins qui reviennent le plus souvent ont un rapport avec ce que les mères auraient aimé qu'on leur dise, les informations qu'elles n'ont pas obtenues, le manque de sincérité autour d'elle, d'implication ou de formation de la part du personnel soignant. Étonnant alors même que les grossesses sont de plus en plus entourées, médicalisées, que les livres sur le sujets semblent infinis. Oui mais les informations sont souvent les mêmes, centrées sur "ce qui se fait/ce qui est normal/ce qui ne se fait pas" et non pas sur "ce dont la patiente à besoin". A. explique : "J'aurais eu besoin de plus de renseignements pratiques sur l'allaitement. Je pensais être bien renseignée, mais on m'avait clairement vendu ça comme quelque chose de naturel, qui marche forcément si on le veut vraiment, et ça a engendré beaucoup de culpabilité face aux difficultés du début. J'ai eu assez peu de soutien efficace à ce niveau (enfin, très bien soutenue par mon mari et mes proches, mais qui ne s'y connaissaient pas trop non plus et donc galéraient à m'aider), mais peu d'aide et beaucoup de culpabilisation de la part des professionnels." Quant à G. elle ajoute : " J'aurais eu besoin de savoir que les "coliques" ne se manifestent pas forcément par des diarrhées ! " I. me confie : "J'ai lu plein de choses, je posais plein de question aussi, j'avais l'impression d'être renseignée mais avec le recul je me rends compte que les infos étaient orientées, comme si il n'y avait à chaque fois qu'un seul choix, peut être que c'est moi qui n'ait pas cherché suffisamment"

Cette maman semble penser que si elle n'a pas eu un panel large d'informations pour faire ses propres choix selon son besoin, cela pourrait être de sa faute. Mais souvent, la seule option donnée aux couples reste un accouchement traditionnel, un maternage classique (dit "distal"), un début d'allaitement "test" et un plan B rapide, le lait artificiel. De nombreuses femmes me racontent qu'elles ont connus leurs autres choix bien après la naissance de leur enfant, notamment en commençant à côtoyer d'autres mères. Le soutien psychologique quant à lui occupe une place prépondérante dans les besoins des femmes interrogées. Certains obstétriciens ou sage-femmes mettent un point d'honneur à placer le bien être psychologique de la future mère sur un plan au moins aussi important que sa santé biologique. Néanmoins, le manque de temps ou de personnel peut malheureusement les conduire à devoir expédier plus vite qu'ils ne l'auraient voulu les patientes. Ainsi A. nous raconte : "Besoin de pas mal de soutien psychologique (grossesse avec risque de maladie, pas mal d'examens supplémentaires, un accouchement qui se fera obligatoirement sous surveillance), et un ainé lui-même malade à gérer / apprendre à traiter..." et P. d'ajouter :"Je n'avais pas l'impression que j'allais y arriver, je doutais tout le temps, mais je n'avais rendez vous que 10 mn par mois avec la sage-femmes, elle me rassurait rapidement mais je pense que j'aurai eu besoin d'un vrai suivi psychologique à côté, je pensais ne pas en avoir les moyens et on ne me l'a pas proposé au sein de l'hôpital. Je pense qu'ils se concentrent sur les femmes qui ont l'air vraiment mal parce que ça se voit au moins." Un autre besoin récurrent revenant dans les témoignages est le besoin d'aide pratique. La fatigue de la jeune accouchée mêlée à sa charge mentale alors que son(sa) conjoint(e) ne bénéficie pas d'un congé suffisant ou ne mesure pas l'importance de son implication peut lui donner l'impression de perdre pied. G. à ce propos : " Clairement moi ce qui m'a manqué c'est de l'aide effective pour l'entretien du logement." Lorsque je leur demande si une doula aurait pu faire une différence (le rôle de la doula est entre bien d'autres choses, de donner les informations les plus complètes possibles afin de permettre au couple de choisir ce qui résonne juste en lui, de proposer une écoute active afin de décharger le couple psychologiquement et d'aider avec la maison), les femmes interrogées me répondent : M. me répond "Grâce au travail d'Hélène (NDLR : une femme sous la lune) je me sens bien plus proche de la mère que je voulais être que celle que la société attends de moi. Je pratique l'allaitement sereinement alors que "le monde" commence à me dire qu'il faudrait que je passe au biberon, je fais du co-dodo avec Bébé dans mon lit car j'ai trouvé l'équilibre entre la maman et l'amante, résultat mon homme ne se sent pas lésé et même lui apprécie ce sommeil familial." S. quant à elle : " Oui je connaissais les Doulas, mais pas le moyens.. je me suis déjà payé un accouchement en maison de naissance à 500€, je ne pouvais absolument pas faire plus.. mais j'aurais vraiment aimé. " M. me répond : "Je ne savais même pas que ça existait, si j'avais su...enfait je crois que c'est ce qui m'aurait fallu de bout en bout" Enfin j'ai posé aux femmes la question suivante "qui a été la personne la plus soutenante autour de vous" ? Les conjoints arrivent en force pour accompagner émotionnellement les futures mamans. P. me dit : "Mon mari a été super, il comprenait pas tout j'ai l'impression mais il suivait sans jamais me remettre en question, au top !" S. est également de cet avis : " La personne la plus aidante a été mon conjoint. " I. également : "Parfois j'avais l'impression que c'était le seul à qui je pouvais me confier" D'autres personnes soutenantes ont été retenues : A. : " Je l'ai eu (NDLR : du soutien), que ce soit là encore par les proches mais aussi par les professionnels qui me suivent, cette fois, j'ai beaucoup de chance, un accompagnement vraiment génial! " ainsi que " Les personnes les plus aidantes: mon mari <3 qui a été vraiment parfait, ma mère et ma belle-mère." G. elle, s'est sentie entourée par une association, la Leche League, bien que ce soutien seul fut insuffisant

" À part la LLL, et un peu moi mari au tout début, j'ai eu peu (quasi pas) de soutien." S. rajoute : "Mes copines m'écoutaient raconter mes histoires de grossesse au téléphone pendant des heures si ça les gonflait elles ne me l'ont jamais dit !" Tous ces témoignages pointent un besoin toujours aussi fondamental des futures mères à connaître un panel large d'informations, à se sentir soutenue à la fois émotionnellement, psychologiquement et d'un point de vue pratique. Vous souhaitez vous aussi apporter votre témoignage ? Suivez "Une femme sous la Lune" sur les réseaux sociaux :) Un grand merci aux mamans qui ont accepté de me répondre ! Hélène Rock, accompagnement à la naissance, à la grossesse, au postnatal ainsi qu'au deuil périnatal, PMA et pré-conception dans le Vaucluse, Sud Drôme, le Gard et les Bouches du Rhône. https://www.unefemmesouslalune.fr/ Vous aimez mes articles ? Partagez les sur vos réseaux :D

© 2020 Tous droits réservés à Hélène Rock

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now