Guide de compréhension du jeune parent à l'usage de la famille et des amis

Aujourd'hui je vous propose un petit article sur un ton un peu humoristique mais qui à mon avis fait complètement sens à écouter les jeunes parents, leurs récits et ceux de leurs amis ou de leur famille, souvent maladroits, dépossédés d'un lien fort qui les unissaient tous "avant". Avant, c'est avant bébé bien sûr. On dit que l'on perds la moitié de ses amis après le mariage et la moitié de ceux ci après l'arrivée du premier enfant. Je n'aurai aucun mal à le croire. Mais alors que faut il faire ou dire pour décoder son amie enceinte ou son meilleur pote qui vient de devenir papa ? Comment se positionner en tant que famille ? Quelle place adopter aux côtés des jeunes parents ?

- Cet article est basé sur les témoignages que l'on me confie, mes lectures et ma propre expérience, évidemment chaque cas se base sur la personnalité et l'appréciation des concernés et peuvent ne pas s'appliquer à tous. - - Chez "Une femme sous la Lune" nous avons à cœur de représenter et d'accompagner les couples et parents homosexuels. Par soucis de légèreté dans la lecture je choisi de parler au masculin en parlant du "père" et au masculin en général dans les accords, néanmoins toute affirmation au père peut être librement changé en "deuxième mère" à votre guise. -



Vous vous renseignez sur la meilleure attitude à adopter face à vos amis et à un membre de votre famille qui vient de devenir parent : félicitation, tout le monde ne le fait pas ! Que vous soyez de ceux qui n'ont pas encore d'enfants mais qui s'y verraient bien, de ceux qui n'en veulent pour rien au monde, de ceux qui sont déjà parents d'expérience, de ceux qui bénissent l'arrivée du petit être comme un cadeau vous étant directement destiné, voyons maintenant comment vous pouvez vous rendre utile et ce que vous pouvez mettre en place pour conserver cette relation qui vous tiens particulièrement à cœur.

La grossesse, le premier test


Cela ne manquera pas de vous échapper, la personne que vous connaissiez avant est entrain de changer durant sa grossesse. Il est possible qu'elle ne vous parle que du bébé à venir, qu'elle partage avec vous ses échographies, qu'elles vous abondent de détails qui vous font pâlir sur ses choix d'accouchement ou sur ses désagréments. En neuf mois vous ne la reconnaissez plus, et pour cause, tout change dans sa vie, dans son corps, dans son couple ou dans sa projection du futur. Avoir un enfant est un bouleversement incomparable qui préoccupe particulièrement la future mère et c'est bien normal. Peut être que vous noterez moins de changement chez le futur papa, qu'il ne vous paraîtra pas assez impliqué ou au contraire trop impliqué, quoi qu'il en soit le regard que vous portez sur le couple de futurs parents va dépendre entièrement de vos propres positions et jugements à propos de la parentalité. Restez à l'écoute : Si votre amie semble se plaindre à longueur de journée de son état c'est qu'elle ressent le besoin de parler et peut être qu'elle ne trouve pas le soutien qu'il lui faut autour d'elle. Souvent un individu qui vient à se confier de multiples fois ne bénéficie pas d'une écoute de qualité. Celle ci se traduit par une posture bienveillante, ouverte, non jugeante et non connotée. Une femme enceinte peut trouver dans son état une source inépuisable de discussion. Peut être se réjouit elle, s'inquiète elle, souffre t-elle, quoi qu'il en soit elle vous a choisi vous pour se confier, vous devez honorer ce choix en lui proposant votre oreille la plus ouverte et autant de fois que nécessaire. Votre amie n'y sera pas insensible et vous prouverez de grandes qualités de proche. Abstenez vous de juger, de comparer : Gardez l'esprit ouvert. Peut être qu'à votre époque on ne faisait pas comme ça, que ce qui se passe vous semble étonnant, choquant, étrange mais gardez à l'esprit de toujours questionner au lieu de juger. N'oubliez pas que c'est votre ami, qu'il ou elle a fait ses choix en étant la personne que vous appréciez avant. Ses choix sont forcément motivés par une information, un questionnement, une attente ou une crainte. Même si vous êtes formellement convaincue que ce n'est pas la bonne chose à faire, renseignez vous de votre côté, questionnez, faites un travail d'enquête et évitez à tout prix d'affirmer et de remettre frontalement en question les choix de vos amis. Soyez fort de propositions plutôt que d'affirmations. Gardez également à l'esprit que la comparaison avec d'autres parents, avec vous, un membre de votre famille ou votre animal de compagnie (plus fréquente qu'on ne le croit) n'est jamais judicieuse. Allez y doucement sur le conseil : Un conseil n'est bon à donner que si la personne en face de vous le recherche de façon explicite. Je vous encouragerai même avant à la questionner avant de la conseiller, peut être que la réponse à sa question se trouve au fond d'elle, ce qui lui rendra un immense service en terme de valorisation personnelle. Ne basez vos conseils que sur des expériences solides et des recherches claires. Les mauvais conseils nous ont conduit dans une société ou la grossesse, l'accouchement et le patentage se retrouvent affublés d'idées reçues, biaisées, culpabilisantes amenant des difficultés ardues à rattraper ensuite.

Rendez vous utiles : La grossesse peut être une étape difficile et fatigante pour un couple et particulièrement pour la femme enceinte. Nausées de début, fatigue, épuisement avec les aînés puis difficultés dans le quotidien vers la fin de la grossesse : choisissez l'action à la fuite. De quoi votre amie pourrait avoir besoin ? Faites différentes propositions vous permettant à la fois d'apporter votre soutien au quotidien sans pour autant envahir votre vie personnelle. Il est possible que par politesse votre aide soit refusée, appuyez sur votre désir d'aider, votre sincérité à la tâche. Courses, récupérer les aînés, les garder le jour de l'accouchement, faire un brin de ménage, aller faire des courses de naissance ensembles, beaucoup de possibilités s'offrent à vous. Gardez vos remarques et nuancez votre humour : Il est très tentant de rire d'une femme enceinte qui n'a pas le droit de boire, de plaisanter - parfois même avec son conjoint ! - sur sa prise de poids, ses absences, ses difficultés à se mouvoir. L'autodérision à cela d'important qu'elle contient le mot "auto", si la jeune femme ne plaisante pas d'elle en premier, évitez de le faire. Les changements qu'elle est entrain de vivre peuvent la ramener à des phases difficiles de sa construction personnelle. Personne n'aime se voir pointer ses kilos "en trop" ou se sentir diminuée en public. Faites également attention à vos compliments qui parfois sont à double tranchant. Dire à une femme enceinte visiblement épuisée qu'elle est merveilleusement épanouie pour le simple plaisir de dire quelque chose de gentil pourra avoir tout l'inverse de l'effet escompté. Bien sûr on garde pour soi ses remarques sur l'intérieur moins bien tenu, les éventuels saut d'humeur de la future maman ou le choix du couple. Proposez d'aider plutôt que de critiquer. Tenez compte des choix de vos amis et respectez les : La future maman souhaite allaiter ? Inutile d'offrir une sucette. Le futur papa tiens à ne pas genrer son bébé ? Peut être que cette idée de t shirt bleu virilisant "le fils à son père" n'est pas l'idée du siècle...

Soyez authentique et pensez à vous sauvegarder : Un exemple : vous détestez les enfants et tout ce qui trait à la parentalité vous hérisse le poil ? Expliquez le sans humour et sans compromis tout en valorisant vos amis pour ne pas les remettre en question dans leurs choix et offrez leur la possibilité de vous retirer le temps de la grossesse et des premiers mois de bébé. Peut être que vos amis seront ouverts au dialogue et prêt à vous garder auprès d'eux malgré votre aversion, mais vous devez également vous sentir à l'aise dans cette situation. Si vous sentez que vous ne pourrez pas vous empêcher de les juger ou de les couvrir de blagues dénigrantes pour faire passer votre malaise, choisissez de vous éloigner pour préserver la relation.

N'oubliez pas de rester authentique avec vos amis et de penser également à votre propre vie personnelle. Vous faire appeler quatre fois dans la nuit par votre amie angoissée n'est pas nécessairement possible à long terme. Ne vous mettez pas en colère, expliquez votre empathie, votre compréhension, montrez votre bienveillance mais sachez poser des limites à votre relation tout en proposant des options de repli. Voici un exemple : "Je sens que tu as besoin de me parler et je te suis vraiment reconnaissante de me donner ta confiance. Là je ne sens pas que je pourrai t'apporter ce que tu recherches, que penses tu d'un café demain après midi ?". Un ami débordé et ayant l'impression d'être l'esclave émotionnel ou pratique du couple ne pourra pas continuer à avoir une relation sainte avec eux.

Bébé est là !


Ça y'est, le bébé est arrivé, peut être le savez vous dès les premières minutes. Et maintenant que faire de cette grande nouvelle ? Quoi que vous décidiez de faire, demandez l'accord des parents avant : Vous avez très envie de vous précipiter à la maternité pour faire connaissance avec le bébé, vous voulez apporter un gros bouquet de fleur, des chocolats, un doudou pour l'enfant...posez la question avant toute initiative. Peut être que les parents ont un grand besoin d'intimité, que la maman à besoin de se reposer (quoi qu'il arrive si vous allez la visiter, ne restez pas plus de 15 mn, même si vous avez fait une heure de route pour ça), que l'odeur des fleurs peut l'incommoder ou les chocolats la dégoûter. Plus vous serez au petit soin pour ce que VEULENT les parents, plus vous serez attentionné. En cas de visite ne vous lancez pas dans une conversation passionnée, la future maman ne sera pas forcément en état de vous écouter ou de vous répondre ou peut être juste qu'elle n'en aura aucune envie. Respectez sa pudeur. Valorisez son nouveau rôle, ne cherchez pas à lui "montrer" des choses que vous connaissez au risque de la dévaloriser et appliquez les points vus plus haut : écoutez, retenez vous de toute remarque sur elle ou sur le bébé, ne la jugez pas et questionnez si vous ne comprenez pas, ne donnez aucun conseil si personne ne vous en demande.


N'accaparez pas l'enfant : Un nouveau né est fait pour être contre sa mère. Il est a l'approbation de chaque parent de "faire tourner" le bébé mais gardez à l'esprit qu'aucun lieu n'est meilleur pour lui que les bras de celle qu'il connait. N'oubliez jamais de vous laver les mains correctement et de ne pas approcher votre souffle du nouveau né au système immunitaire fragile. Proposez vos services : La période postnatale est une période délicate ou les parents ont besoin plus que jamais d'aide, d'écoute et de soutien. Votre implication sera particulièrement appréciée dans les domaines du quotidien. Soutenez les choix de maternage de vos amis et demandez leur de quelle façon vous pouvez les aider. Si vous ne pouvez pas vous investir pourquoi ne pas leur offrir conjointement à d'autres amis les services d'une doula ? (c'est également possible pour la grossesse)


N'en faites pas trop : Êtes vous sûr que de vous installer chez les parents pour 15 jours soit vraiment apprécié ? Même si cela part certainement d'une attention tout à fait louable, les jeunes parents ont certainement besoin d'aide mais n'ont pas besoin de voir leur espace personnel envahi. Cela nuirai à leurs débuts de jeunes parents, pourrait remettre en question leur capacité et affecter leur lien avec leur enfant ainsi que leur couple. Il est inutile de passer trois fois par jour, de les couvrir d'attention et globalement de vous rendre indispensable, sauf à leur demande évidemment. Sachez également respecter leur besoin une fois qu'ils vous font comprendre que votre aide devient moins utile.


Verbalisez vos sentiments : Vous ne savez pas vous y prendre, quoi faire, comment être utile ? Vous vous sentez rejetés, vous ne comprenez pas les comportements ? Demandez au couple où il en est et de quoi il a besoin. Verbalisez vos ressentis en partant de vous - sans les accuser - et choisissez votre moment pour le faire. Exposer à la maman que vous vous sentez mis de côté sur le lit de maternité en plein essai de tétée est une très mauvaise idée. Pensez empathie, tact et subtilité. Ce point peut également concerner la période de grossesse. Témoignez de l'intérêt et de l'amour au bébé et à ses parents : Bien sûr si vous suivez toutes ces propositions vous offrez aux parents la preuve de votre amour mais concernant le bébé je suis consciente que nous ne sommes pas tous capables d'exprimer ou de ressentir de l'intérêt ou de l'amour pour les enfants des autres. Cela dit, plus votre relation avec les parents sera forte plus votre intérêt sera marqué même si cela n'est pas inné pour vous. Intéressez vous aux progrès du bébé, offrez lui des présents utiles à son développement, proposez de vous investir d'une façon ou d'une autre, bref montrez au parent que le bébé est important parce que c'est leur bébé et que eux, ils sont importants pour vous, donc que le bébé est important pour vous.


Gardez à l'esprit qu'ils ne seront plus jamais les mêmes : Un parent est quelqu'un de différent. Au début le bébé arrivera dans toutes les discussions et tout ses progrès seront soulignés. Il est possible que cela vous agace ou vous intrigue mais c'est parfaitement normal. Les parents ont accompli quelque chose dont ils sont fières, viennent de rencontrer une âme sœur qu'ils accompagneront tout au long de leur vie, il est évident que rien ne sera plus jamais comme avant. Petit à petit, les photos du bébés vont s'espacer, la vie va reprendre son cours mais n'oubliez pas qu'être parent demande énormément de temps. Il est fort possible qu'une partie de vos sorties ciné y passent. Rendez vous arrangeant et venez à eux plutôt que d'attendre qu'ils viennent à vous et rendez vous à l'évidence : votre relation va changer. Elle ne sera pas moins qualitative, au contraire, vos amis vont apprendre énormément de choses et beaucoup évoluer, mais elle sera différente. J'oublie certainement plein de choses mais voilà à peu de choses près ce que beaucoup de parents auraient souhaités recevoir de la part de leurs amis ou de leur famille au moment de la naissance de leur enfant. Néanmoins le schéma le plus classique est un abandon progressif de le relation car "on ne se comprends plus". Il est possible que vous n'ayez plus d'intérêts communs avec vos amis après la naissance de leur enfant. Votre relation était certainement basée sur le divertissement et pas nécessairement sur vos personnalités respectives. Il est aussi sain de savoir dire "au revoir" à une relation lorsqu'elle s'étiole plutôt que de garder rancœur et non dit au fond de soi. Si vous n'avez plus rien à vous apporter interrogez vous sur les raisons qui motivent votre relation.

Enfin si la relation est suffisamment importante pour vous, vous trouverez comment vous adapter aux changements et la faire perdurer dans le temps grâce à vos qualités d'écoute et d'empathie. Et si vous désirez des enfants, lorsque ce sera votre tour vos amis sauront vous rendre votre disponibilité et votre amour dans ces moments qui deviendront aussi important pour vous qu'ils l'auront été pour eux.

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Hélène Rock, accompagnement à la naissance, à la grossesse, au postnatal, au deuil périnatal, aux parcours PMA dans le Vaucluse, Sud Drôme, Est Gard et Nord Bouches du Rhône. https://www.unefemmesouslalune.fr ***

© 2020 Tous droits réservés à Hélène Rock

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