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Comment j'ai fait la paix avec mes cycles




Comme beaucoup de femmes j'ai pris la pilule de nombreuses années. D'abord prescrite pour l’acné à 12 ans je ne sais plus bien par qui, elle m'a vite servi de moyen de contraception, je n'ai donc connu que quelques dizaines de cycles naturels durant ma puberté.

Je l'ai arrêtée à 19 ans en espérant tomber enceinte. Cela a pris 2 ans où aucune cause n'a été mise sur mon infertilité, d'après les médecins que j'ai rencontré j'étais de toute façon trop jeune pour enfanter (cette affirmation se passera de commentaires...). Mes cycles à ce moment là ne me permettaient pas d'avoir une quelconque connexion avec eux, en tout cas c'est ce que je croyais à l'époque. Je passais par toutes les longueurs, allant de 35 jours à plus de 50, n'ayant aucune idée de mes dates d'ovulation, ayant des règles de 9 à 10 jours. Ma première grossesse est arrivée, j'ai repris la pilule le lendemain de l'accouchement et j'ai découvert un peu au hasard d'une visite de contrôle gynécologique que j'avais des ovaires micropolykystiques (syndrome des OPK). A l'époque toujours, cela ne me disait rien. Je sais maintenant que je ne produisait pas assez d’œstrogène et que mon ovulation était de fait très tardive ou difficile à obtenir (l'ovocyte "souhaite" sortir du follicule mais manquant d'hormone ne créé qu'un kyste en surface de l'ovaire). En effet plusieurs hormones sont responsables du bon déroulé d'un cycle menstruel et un déficit en œstrogène (étant causé par de multiples facteurs comme l'environnement, le stress, l'alimentation, la prise médicamenteuse, les années successives de pilule...) peut causer un retard d'ovulation très important.

> Le saviez vous ? Vous aurez toujours vos règles 14 jours après votre ovulation. C'est deuxième phase de votre cycle, la phase "pré-ovulatoire" qui se charge en œstrogène vous permettant de libérer l'hormone LH qui elle même libérera l'ovocyte de l'ovaire. Tant que l’œstrogène n'est pas produite en quantité suffisante, l'hormone LH ne peut être sécrétée et l'ovulation sera repoussée. Néanmoins, dès qu'elle se sera produite, la progestérone entrera en piste lors de la quatrième phase afin de créer un nid douillet pour votre ovocyte (on appelle "ovule" un ovocyte fécondé). Si celui ci n'est pas fécondé, la progestérone faiblira et vos règles apparaîtront, 14 jours plus tard. Je l'ai à nouveau arrêtée un peu plus de deux ans plus tard, pensant mettre plusieurs années à retomber enceinte. La vie étant joliment faite, ma petite puce s'est installée au premier cycle. Suite à cette seconde grossesse, j'ai découvert que la grande majorité de mes kystes avaient disparus.

> Le saviez vous ? L'action des hormones de grossesse peut agir très favorablement sur les ovaires en réduisant le nombre de follicules transformés en kystes, ils sont ensuite éliminés par l'organisme. A cette époque j'avais bien sûr entendu beaucoup de choses sur la pilule mais n'était pas aussi renseignée sur les cycles qu'aujourd'hui. Je savais seulement que prendre des hormones de synthèse n'était surement pas la meilleure chose à faire, surtout au vu des antécédents de cancer du sein nombreux dans ma famille, et cette magie de la grossesse qui guéri les ovaires m'avait tout de même vraiment émue. Par peur du stérilet j'ai tout de même accepté de prendre une pilule compatible avec l'allaitement durant un temps, puis début 2017 j'ai pris mon courage a deux mains et ai fait poser le fameux stérilet en cuivre (ou autrement appelé DIU en cuivre, je le nommerai ainsi, sa réputation de rendre stérile ne rends pas service à de nombreuses femmes souhaitant en posséder un avant une première grossesse et se heurtant aux préjugés tenaces des gynécologues croyant encore à cette théorie). J'ai bien remarqué des changements immédiats. Retour de la libido, de l'acnée, d'une humeur fluctuante, cheveux et ongles plus forts, fatigue mais aussi grands moments de joie, d'exaltation. Dans mon esprit il s'agissait encore d'hormone de synthèse ou d'absence d'hormone de synthèse et d'une fête aux humeurs à l'intérieur de moi de façon anarchique rythmé uniquement par mes menstruations. > Le saviez vous ? C'est en fait bien plus complexe que cela, et à la fois, bien plus simple. Le cycle est découpé en 4 ou 5 phases (pour ma part, ce serait 5). Les menstruations, la phase pré-ovulatoire, la phase ovulatoire (la plus courte), la phase lutéale ou post ovulatoire. J'ajoute pour ma part, la phase de SPM, j'en reparlerai plus bas. Chaque phase est rythmée par ses hormones permettant d'aboutir à la libération de l'ovocyte, puis à l'épaississement de l'endomètre qui va accueillir l'ovule fécondé. En cas d'absence de grossesse, l'endomètre s'évacue, le cycle recommence. Cela fait un peu plus d'un an que je maîtrise la connaissance de toutes les phases de mon cycle et je n'ai jamais été aussi en phase avec ma féminité. Si l'aspect "changement d'humeur", de ne pas avoir le contrôle de moi même me paraissait douloureux et peu supportable de prime abord, le contact avec de nombreuses femmes ayant fait une place et un accueil durable à leur féminité m'a permise de remettre en question la totalité de mon cycle et de m'accepter pleinement en tant que femme. Je bénie ce premier jour réel de règle ou mon corps se libère de son enveloppe de tristesse, le deuil de cet embryon qui ne verra jamais le jour. Le sang s'écoule en me rappelant un terme que je chéri particulièrement, celui de "résilience". Quel magie de se dire qu'infatigablement, mon corps essaie, prépare le terrain, se rends compte que la grossesse n'est pas présente, fait table rase, et recommence à y croire. Que l'on veuille ou non des enfants, cette force d'aller toujours de l'avant, d'y croire sans cesse et de donner le meilleur de soi m’apparaît comme un cadeau inestimable qui ressemble bien à notre force résiliente de tous les jours, à nous les femmes. Je reconnais ma phase de printemps, pré ovulatoire, cette joie, cette envie de projet, d'amour, alors que l’œstrogène m’inonde. Où je suis maternelle, présente, ouverte. La phase d'ovulation, volcan et tourbillon court mais si intense. Puis la phase lutéale, ou tout se calme, se pose, ou la progestérone prends soin de moi, de ma peau jusqu'à se rendre compte que l'utérus sera vide, alors elle décroit doucement jusqu'à la phase de SPM. Celle ci par contre, je la redoute et ce serait la seule qui me ferai regretter mon cycle. > Le saviez vous ? Le SPM ou syndrome pré-menstruel est un syndrome touchant 30% environ des femmes possédant un cycle avec des symptômes plus ou moins élevés. La progestérone à déchu et le cycle est quasiment terminé. La femme peut ressentir une irritabilité très forte, une colère intense, un vrai sentiment de deuil, allant parfois jusqu'à des idées noires en cas de syndrome très intense. Maux de têtes, de ventre, tourbillon émotionnel sont également au programme. Cette phase peut durer de 7 à 3 jours avant les règles. Pour l'identifier il faut qu'elle se produise à chaque cycle durant au moins 6 mois. Il n'y a rien à faire médicalement mais comme toujours l'acceptation en pleine conscience serait un bon début vers une amélioration des symptômes. Mon SPM est plus fort les cycles où le désir d'enfant est présent. Je me demande si mon corps vivrait le deuil de l'ovocyte au moins aussi intensément que je ne le vis psychologiquement. J'ai d'ailleurs pu noter ce cycle ou j'ai moi même accepté que ce n'était pas le moment d'avoir un troisième enfant que mon SPM fut moins violent. J'ai noté également qu'à chaque fois que ma première partie de cycle était bouleversée par des événements de ma vie quotidienne comme un stress intense par exemple, mes cycles étaient 4 à 5 jours plus long, alors qu'au contraire, en prenant soin de moi, en écoutant chaque phase, respectant les besoins liés aux phases de mon cycle, la magie opère, l'ovulation se fait à J14, les règles arrivent à J29, le SPM au garde à vous 3 jours avant. > Le saviez vous ? Avec des cycles naturels votre corps produit à chaque phase une glaire appelée glaire cervicale est une sécrétion de "glycoprotéines" qui se situe au niveau du col de l'utérus et qui s'écoule de votre vagin. Très transparente et filante au moment de l'ovulation, elle protège le sperme de l'acidité du vagin et lui permet d'atteindre son objectif, la remontée par le col, l'utérus puis les trompes. Pâteuse et blanche en phase post-ovulatoire (ou lutéale), elle est chargée de progestérone, l'hormone qui fabrique le nid du futur possible ovule en épaississant l'endomètre. Grâce à l'observation de cette glaire, à la prise de votre température qui varie subtilement le long de votre cycle, ainsi qu'à d'autres observations physiques comme les tensions de vos seins, de votre utérus, votre humeur, vous pouvez déterminer votre plage fertile. Cette méthode de contraception ou de conception s'appelle la symptothermie. Ecouter ses cycles est un véritable cadeau que peuvent se faire les femmes. Elles peuvent s'observer, apprendre au jour le jour à communiquer avec elles mêmes et à s'offrir la pleine conscience du moment. Respecter son cycle et les besoins associés est un acte d'une grande bienveillance et bien sûr permet au corps de fabriquer ses propres hormones nous protégeant des hormones de synthèse de la pilule favorisant comme vous le savez l'infertilité, la prise de poids, les AVC, les cancers du sein, de l'utérus, d'embolie tout en coupant la femme de sa libido, de sa glaire cervicale, du rythme naturel de son corps et de son esprit(1)(2)(3). Faire la paix avec son cycle permettrai également de réduire considérablement les inconvénients liés aux règles, en tout cas d'un point de vue psychologique. La psychée est très intimement liée à la production hormonale (depuis que j'ai compris que les miennes me libèrent de mon SPM je n'ai plus jamais ressenti de crampes violentes à l'utérus et une de mes élèves de symptothermie m'expliquait n'avoir pas eu de douleur pour la première fois depuis des années après notre cours sur les cycles et donc l'acceptation de ses menstruations). Malheureusement toutes les femmes ne peuvent pas porter de DIU en cuivre, notamment certaines porteuses d'endométrioses. La symptothermie bien que très efficace si elle est pratiquée en toute conscience et rigoureusement ne convient pas à toutes les femmes notamment celles souhaitent s'éviter la contrainte justement. Les contraceptifs locaux sont encore énormément utilisés comme alternative sans hormones de synthèse mais leur indice d'efficacité est discutable notamment pour la cup cervicale ou les spermicides. Nous attendons encore les progrès de la science afin de pouvoir offrir aux femmes une contraception totalement sûre, adaptée aux cas d'utérus fragiles ou malades et respectueuse des cycles naturels.

Roue du cycle que j'ai réalisée à l'aquarelle et feutre pour mes ateliers

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