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Avant j'avais des principes, maintenant j'ai des enfants !

Personnellement, j'aime beaucoup cette phase. Je m'y reconnais forcément car comme tout le monde j'avais une vision très biaisée de la maternité avant d'avoir des enfants. Il y a 8 ans, avant d'arrêter ma contraception pour la première fois, j'ai pu dire que je n'allaiterai jamais, que je n'étais pas une vache (!), ou encore que la place d'un bébé est dans son lit, dans sa chambre, dès le retour de la maternité. Mon fils à subi quelques semaines - le temps idéal pour me saboter un premier allaitement et un maternage proximal - mes idées reçues pas encore déconstruites durant la grossesse. Des années et des années plus tard, du haut de ma déconstruction profonde et de mon apprentissage en tant que doula, je peine à croire que c'est la même personne qui tenait ce discours et pourtant... En dehors de la culpabilité je prends mon chemin de vie comme un apprentissage, et la formidable confirmation que nous sommes des êtres en perpétuelle évolution, mutation, plein de changements et de nuances. La société française et son regard moralisateur et jugeant parvient souvent à s'immiscer facilement dans l'intimité des couples, de leurs convictions, de leurs apprentissages et distille - en plus du cadre familial et de l'entourage, marqueur fort de décision lors d'une première grossesse - dans l'esprit des parents des dizaines d'idées reçues et de rejets lié au bébé qui nous éloignent toujours plus de ces petits êtres aux besoins si spécifiques, très éloignés de nos normes et schémas émotionnels.



J'ai recueilli pour vous quelques témoignages de parents dans le même cas que moi, plein de principes et d'idées préconçues sur leur idée du maternage...et qui ont finalement pris un cap totalement opposé dans les années qui ont suivi. B. raconte : "Il faut être folle et arriérée pour accoucher sans péridurale" (j'ai) vécu un merveilleux AAD (accouchement à domicile) sans sage-femme, qui est arrivée 5 minutes après la sortie de bébé. V. « Porter en quoi? En écharpe? Mais tu veux que j’étouffe mon bébé ou quoi? Tu veux qu’il tombe?? » ... 5 ans plus tard, à la naissance de mon 3e, je devenais monitrice " Rejet de l'enfantement ou jugement des autres femmes, nous sommes nombreuses à voir projeté nos propres doutes, craintes, ou interrogations sur les couples de notre entourage. O. raconte : "Un enfant pourquoi faire ? Il y en a assez finalement, moi je voulais être femme pas mère, j'avais l'impression en étant mère qu'on perdait la moitié de soi. Quand je me suis retrouvée enceinte, nous avons décidé de le garder plus pour faire plaisir à mon compagnon. J'étais tellement étonnée de tout l'amour que j'avais à donner et de tout ce que j'ai reçu, c'était donc pour ça, que tout le monde faisait des enfants...je n'en aurais qu'un mais je n'aurai manqué ça pour rien au monde" S. ne voulait pas d'enfants : "Je ne veux pas avoir d'alien dans mon ventre. Et puis surtout je veux le sentir bouger le moins possible. Quelle horreur. Je préfère adopter plutôt que d'être enceinte il y a tellement d'enfants malheureux sur terre. " dit celle qui a eu 2 loulous rêve d'un troisième à filmer son ventre bouger et se prépare à devenir doula" P. me confie par message : "Je ne disais rien aux copines qui étaient enceinte ou qui avaient des bébés parce que comme je n'en avais pas j'avais peur de me faire rembarrer (ce qui aurait été légitime après coup !) mais je n'en pensais pas moins, pour moi elles passaient leur temps à se plaindre, au final elles l'avaient voulu leur bébé. L'allaitement c'était difficile, le sommeil c'était difficile, les petits pots c'était difficile, je me disais qu'elles n'avaient cas donner un biberon et le coller dans sa chambre au final. Quand j'ai eu mon fils tout à tellement changé dans mon esprit, je ne me reconnais pas dans ce que j'ai pu penser, et c'est tant mieux" Sur le même thème C. raconte : "Ça vaaaa les mamans qui se plaignent que les premiers mois sont épuisants : elles sont à la maison, elles peuvent dormir à loisir quand bébé dort" Vaste blague ! Quand bébé dort, tu te reposes en faisant le linge, le ménage, te doucher etc... et quand enfin tu as 5min pour toi... bah bébé se réveille avec le bidou tout vide" Les idées reçues sur l'allaitement sont parmi les plus tenaces. De nombreux témoignages vont dans ce sens, comme celui de M qui me dit : "Tu sais ils ont testé le lait de ta mère et résultat, il n'était pas assez nourrissant, c'est pour ça qu'on t'as mis au biberon." La phrase qui a fait que pendant des années je ne pensais que je n'allaiterai jamais. L. de compléter en privé : "Les femmes qui allaitaient me dégouttaient un peu même si je n'osais pas le dire, je me demandais si elles avaient encore envie d'avoir des relations sexuelles un jour. Quand E. est arrivé je ne l'ai pas allaité malgré mon envie de le faire, j'avais peur pour mon couple. C'est un immense regret." I. animatrice LLL (Leche league) me raconte avec humour : "Tu vas abîmer tes seins, tu n'auras pas assez de lait, tu vas en faire un drogué à sa mère, laisse le respirer, ton mari va te quitter" bonjour madame qui êtes vous et comment aviez vous pris possession de mon esprit ?" Le co-dodo (le fait de partager son lit avec son enfant) est également un sujet polémique qui ouvre la voie à de nombreuses arrières pensées. J'ai moi même pris peur de cette pratique très tôt au moment de ma première grossesse, partagée entre envie et terreur de ne plus partager de vie intime, de dormir au final avec un enfant de 8 ou 9 ans après un divorce pour motif de non partage de couche. Des années après, j'en rirai presque. Ma fille a passé presque 3 ans dans ma chambre dont 15 mois dans mon lit. B. partageait mes craintes : "Le cododo, jamais ! La chambre des parents n'est pas un lieu pour les enfants" (On) finit toutes (nos) nuits à 4 dans le lit" E. également : " Les enfants doivent dormir dans leur chambre. (Finalement) Cododo à 4 avec le 2 ans et le 3 mois."

A. étoffe : " Pour moi ça a été « Le cododo? Moi jamais ! Il dormira dans notre chambre le premier mois maximum sinon direct dans sa chambre comme ça pas de mauvaises habitudes! » .. Résultat : 3 mois et demi de cododo exclusif dans le lit de maman, puis dans son berceau cododo jusqu’à ses 8 mois collé au pied de mon lit avant d’aller dans sa chambre. Mon fils a 16 Mois maintenant, et dès qu’il se réveille la nuit en m’appelant je le prends avec moi dans le lit pour le rassurer. S’il en a besoin je ne vois pas pourquoi il dormirait ailleurs qu’avec moi, chose qui a la base m’était totalement impensable ! Et à refaire je le referais mille fois, je suis sûrement plus accro que lui d’ailleurs je ne dors jamais aussi bien que quand mon fils dort avec moi haha ! " Sur la bienveillance avec les enfants, de nombreuses femmes m'ont également confié leurs changements. Parfois catégoriques elles ont finalement développé une empathie naturelle très forte et une grande compréhension du fonctionnement de leur bébé en devenant mère, M. apporte un témoignage fort allant dans ce sens : "Je me rappelle avoir été choquée par l'attitude d'un de nos amis ; on était allés manger chez lui, il avait couché sa fille en bas-âge (elle avait peut-être 3-4 ans) et elle l'avait rappelé peut-être 5 ou 6 fois, à chaque fois il se précipitait pour aller la voir dans sa chambre. Au bout d'un moment, je m'étais dit "non mais ça craint, si il y court à chaque fois alors elle va le savoir et l'appeler 12 fois... Il devrait lui faire comprendre une fois pour toute que c'est l'heure du dodo et qu'au bout d'un moment ça suffit..." maintenant que je suis Maman, je vais TOUJOURS voir ma fille quand elle m'appelle, je me rend compte que la laisser pleurer ne résout rien. (Et quand ils sont bébés, n'en parlons pas) " Quant à Y. elle me confie avec beaucoup de sincérité : "Les bébés qui pleurent dans les trains, les enfants qui chouinent, je mettais mes écouteurs, je ne voulais pas les entendre, je maudissais les parents, j'avais presque envie de les gifler. Aujourd'hui j'ai envie de prendre ces enfants contre moi et de les réconforter..." U. de conclure : "Au final, je crois que je n'y connaissais juste rien. L'enfantement, le cerveau du bébé toutes ces choses, on pense que c'est inné, qu'on peut tous apporter notre grain de sel, mais c'est totalement essentiel de s'informer, de chercher, de nuancer, on n'arrêter jamais d'apprendre en devenant parents". Et vous, vous aviez aussi des idées reçues sur l'enfantement ? Comment les avez vous déconstruites ? Qui vous y à aider ? Dites nous tout en commentaire ou sur les réseaux sociaux ! *** Vous souhaitez apporter votre témoignage ? Abonnez vous à la page facebook ! (Les témoignages d'hommes sont les plus que bienvenus!) Hélène Rock, doula, soutien à l'allaitement, accompagnement du féminin dans le Vaucluse, Sud Drôme, Gard et bouches du Rhône. https://www.unefemmesouslalune.fr/

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