* Accouchement physiologique accouchement suprême ? *



Il y a un thème que je voulais aborder depuis un moment avec vous, celui du choix de l'accouchement physiologique comme présentation de l'accouchement reussi. Ce sera difficile de développer ce vaste sujet dans cet espace réduit mais je trouve que cette magnifique photo de Kourtnie Elizabeth ayant remporté un prix va beaucoup m'aider au développement.


Depuis quelques années, l'accouchement physiologique et plus généralement l'AAD, accouchement assisté à domicile, sont présentés comme accouchements idéaux sur les reseaux sociaux alors même que de très nombreuses familles les craignent encore comme un rappel archaïque de "ce qui pourrait arriver de grave". L'accouchement à la maison induirait un respect parfait de la physiologie et du continuum. C'est vrai la plupart du temps. Très sûr, la naissance à domicile est et restera la façon biologique de donner naissance, l'accouchement physiologique étant notre mode primaire de naissance. Et pourtant. Et si il n'était pas pour toutes ? Et si il était important de se réautoriser le droit à la peur, au besoin de sécurité justifié ou non d'une salle de naissance, au droit à la péridurale, à la morphine, au renoncement ?


Si j'avais envie d'aborder cette question, ce n'est pas pour remettre en question l'AAD ou la naissance physiologique très loin de là. Mais l'injonction à l'accouchement parfait qu'il peut cristalliser. J'ai du déjà accueillir la culpabilité de femmes transférées qui pensaient malgré leur accouchement "nature" en salle elles avaient échoué quelque part. Que dire de celles ayant un projet physiologique et qui me disent avoir "craqué" pour une péridurale ? Pourrait on envisager que la péridurale soit sécuritaire pour certaines femmes, qu'elle puisse apaiser les tourments, physiques, mais plus fréquemment internes, pour permettre à la maman de s'apaiser et de redevenir actrice ? Est ce vrai que toutes les femmes peuvent enfanter sans aide, en ont la disponibilité émotionnelle et physique ? Bien sûr leur corps sait. Mais mon expérience sur le terrain désire ardemment les libérer du poids de l'échec d'une aide médicale.

Bien sûr nous ne parlons pas de gestes inutiles, invasifs, de surmédicaliser ou d'accepter tout et n'importe quoi en salle. Mais simplement de revenir à l'essence de notre liberté et de s'autoriser à ce que ça ne soit juste pas le moment d'accoucher physiologiquement et que cela n'induit pas un maternage distal, un allaitement écourté ou jamais commencé, et que jamais cela ne soit synonyme d'échec.


Nous les doulas ne sommes pas là pour être des portes bannières de l'accouchement rêvé. Parfois notre rôle est aussi d'accompagner notre cliente dans son autorisation à choisir une peridurale "en fin de compte" car ce sera ce qui est juste pour elle après réflexion, instinct et ressenti. Il arrive que certaines femmes gardent un souvenir difficile de leur accouchement naturel (cf : boulet de canon dont nous avons déjà parlé) ou que d'autres aient besoin d'un peu de morphine ou de gaz. J'ai déjà lu sur des groupes "si tu as eu du gaz il n'était pas physiologique ton accouchement". La culpabilité entraînée par ce type de phrase et le classement qu'il entraîne dans le taux de "réussite" d'une naissance peut être très douloureux.


Pour conclure : le meilleur accouchement est celui qui respectera votre besoin étape par étape. Rien n'est un abandon, rien n'est imparfait, rien ne fait de vous une sous femme.


© 2020 Tous droits réservés à Hélène Rock

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